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MAISONS DE GARDE EN DANGER
MAISONS DE GARDE EN DANGER
31 janvier 2006

Est-ce la fin de l’aventure pour les Maisons médicales de garde ? Sur les 300 qui ont vu le jour en France depuis 2001, une centaine présentent un bulletin de santé inquiétant. Les pionniers qui les ont montées ne baissent pas les bras et tentent de trouver des solutions alternatives. Mais le temps presse...


Les MMG sont aux abois
Une centaine de Maisons médicales de garde risquent de disparaître d’ici au mois d’avril. Certaines sont en cours de fermeture. Toutes attendent la solution promise par le ministre au printemps.


Voilà un mois que les généralistes de Rennes ont mis définitivement la clé sous le paillasson. Pourtant, leur maison médicale de garde (MMG) était pionnière puisqu’elle a ouvert au début de la fameuse grève des gardes, en juin 2001. Histoire de montrer que des solutions étaient possibles. En réconciliant les libéraux avec la permanence des soins, elle a rapidement fait des émules. Outre l’ancêtre du Havre (toujours en activité depuis 1985), une autre MMG avait ouvert, dans la foulée, à Gap (Hautes-Alpes). Puis, une toile s’est tissée tranquillement : 40 MMG en 2001, 100 en 2003 et 300 en 2005. Mais, dès novembre dernier, à l’occasion de son congrès à Lyon, la fédération des MMG (affiliée à MG-France) avait joué les Cassandre en annonçant un arrêt brutal du mouvement, voire un retour en arrière faute de financements.

Une centaine de MMG menacées

Une centaine de MMG sont menacées en ce début d’année 2006, particulièrement celles de la première génération montées grâce aux subventions du Faqsv (Fonds d’aide à la qualité des soins de ville). Ces fonds sont provisionnés théoriquement pour trois ans avec renégociation annuelle des montants. Le temps de l’expérimentation touche à sa fin et les Urcam commencent à se désengager. « Les Urcam ont une volonté de restriction budgétaire alors que le ministère nous dit que de l’argent est disponible, s’interroge le Dr Simon Filippi, président de la fédération des MMG. Nous voudrions que les politiques reprennent réellement la main sur ce dossier ». D’autant que le Faqsv n’est pas un puits sans fond. La loi de financement de la Sécurité sociale version 2006 lui attribue une ligne budgétaire de 110 millions d’euros. Mais, sa ventilation, qui profite surtout au DMP et à l’EPP, laisse la portion congrue aux MMG : 8,5 millions d’euros. Michel Régereau a suggéré d’utiliser les sommes non affectées des années précédentes pour combler les manques. Sauf que les Urcam sont dans l’expectative puisque l’arrêté répartissant l’argent entre les Faqsv régionaux n’est toujours pas paru. En conséquence, la visibilité financière des MMG n’excède aujourd’hui pas les trois mois. « Il est vrai que les MMG sont aujourd’hui très hétérogènes, reconnaît le Dr François Michel qui suit le dossier au sein de MG-France. Nous sommes d’accord pour poser la question de leur évaluation mais nous voudrions que les règles du jeu soient claires. Aujourd’hui, nous n’avons aucune lisibilité des raisons qui poussent les Urcam à réduire les subventions ».

À Rennes, les promoteurs ont préféré prendre les devants et anticipé la fermeture. La maison de Clamart (Hauts-de-Seine) est en perpétuel sursis, même si son instigateur, le Dr Jean-Paul Hamon, qui est aussi président de la FMF-G a su, à chaque menace, jouer habilement l’opinion publique par médias interposés. À La Rochelle, on a anticipé l’effondrement des crédits Faqsv et les responsables ont changé leur fusil d’épaule. « Nous avions ouvert le 1er janvier 2004 avec une subvention de 170 000 euros, se souvient le Dr François Tricot. Ce budget a été réduit à 100 000 euros en mars dernier puis à 25 000 euros en octobre. On nous a expliqué que notre projet n’était pas viable mais sans savoir sur quels critères cette décision a été prise ». Déçus mais pas démotivés pour autant, les Rochelais se sont lancés dans une MMG2 qui sera installée, courant février, dans les locaux de l’hôpital. « Du coup, nos frais de fonctionnement sont transférés sur le budget de l’hôpital mais je ne suis pas persuadé que cela fasse faire des économies à la collectivité » poursuit le Dr Tricot. Si 56 généralistes sur les 106 du secteur étaient revenus à la garde grâce à la première MMG, combien se désengageront par crainte de l’hospitalocentrisme ? Cette solution, jugée bâtarde par certains pour garantir la permanence des soins, fait son chemin : tout le monde n’est pas persuadé de l’indispensabilité de toutes les MMG. Le silence de l’avenant n°4 sur la PDS est, de ce point de vue, éloquent. Dinorino Cabrera, pour sa part, n’hésite pas à dire tout haut ce que certains pensent tout bas : « Les MMG demeurent une solution intéressante. Mais, il ne faut pas en faire la panacée absolue car certaines sont vraiment trop coûteuses. Je prône des services pré-portes au sein des hôpitaux qui permettront de faire le tri entre l’urgence et la permanence des soins ». Xavier Bertrand a promis une solution au printemps, annonçant plus de « lisibilité » pour les MMG. Mais en attendant, elles tirent la langue...

la fin de l’expérience rennaise

La MMG rennaise avait permis de multiplier par quatre le pool de généralistes revenus à la garde. «  Quatre-vingt-cinq médecins libéraux participaient aux gardes sur notre secteur, contre une vingtaine avant la création de la maison, affirme le Dr Hervé Le Néel, son trésorier. De 8 000 à 10 000 patients ont été accueillis chaque année. » Connue des Rennais sous le nom de CARL pour « Centre d’accueil et de répartition libéral », la maison médicale est située à deux pas de la gare. Elle avait été créée en juin 2001, sous l’impulsion de l’URML de Bretagne. Et, elle accueillait des patients de la préfecture d’Ille-et-Vilaine, comme de sa petite sœur, Saint-Jacques, toutes les nuits de 20h à 7h et le week-end sans discontinuité. Mais, depuis le début de l’année, les Rennais ont dû changer leurs habitudes. L’URCAM de Bretagne a, en effet, diminué de façon drastique sa subvention via le fonds Faqsv. Alors que 150 000 euros lui ont été alloués en 2005, l’enveloppe est tombée à 10 000 euros cette année. « On ne peut pas porter éternellement ces structures à bout de bras avec les deniers publics », justifie Louis Gérard, président de l’URCAM de Bretagne, en faisant ainsi allusion au fait que le Faqsv n’est censé donner qu’une impulsion de départ à un projet. La décision de fermeture s’est alors imposée d’elle-même.« Nous nous sommes tournés vers les collectivités locales et territoriales dès que les subventions ont commencé à baisser, raconte le Dr Daniel Pencolé (photo) à l’origine de la MMG rennaise. Mais, elles nous ont répondu que ces projets n’entrent pas dans leurs attribution, ce qui est vrai ». Pas découragés pour autant, les promoteurs du CARL ont cherché de nouveaux partenaires, privés cette fois-ci. « Nous sommes en discussion avec les cliniques de la région pour ouvrir plusieurs lieux de garde », explique le Dr Pencolé. Les médecins rennais espèrent que ces MMG d’un nouveau type puissent ouvrir dès le mois de février. Les horaires d’ouverture devraient également être adaptés pour répondre aux mieux à la demande des usagers. Le CHU de Rennes avait également été approché. Mais, la grève des régulations en Ille-et-Vilaine a laissé quelques séquelles dans les relations entre hospitaliers et libéraux...


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